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 Les satyres

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Arthur Blainn
Archdaemon
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Localisation : L'île aux enfants chez Casimir!
Date d'inscription : 30/09/2005

MessageSujet: Les satyres   Ven 14 Oct - 6:02

Pour le premier sujet d'histoire, j'ai eu envie de parler mythologie (car après tout les mythologies font aussi parties de l'histoire). Et pour commencer c'est par la mythologie grecque et romaine que j'ouvre cet article, et tout particulièrement en vous parlant de personnages à la fois inconnus et familier et pour qui j'ai personnellement une certaine préférence : Les satyres.


De nos jours, si vous regardez dans un dictionnaire quelconque, vous verrez que le mot satyre définit un individu (le plus souvent un homme) lubrique, voyeur et exhibitionniste qui entreprend brutalement les femmes. Mais pour ceux qui ont été initié à la Mythologie Greco-romaine, les satyres sont aussi des démons de la nature, qui ont été intégrés dans le cortège du dieu Dionysos.
Ce sont des créatures cornues et fortement velue dont le haut du corps est semblable a celui d’un homme mais le bas du corps était celui d’un cheval ou, le plus souvent, d’un bouc. Ils sont également dotés d’un membre viril perpétuellement dressé, de proportions surhumaines.
Les satyres sont aussi appelés « Silènes » quand ils deviennent vieux ou encore « Egypans ». Ils sont aussi connus dans l’Ancien Testament sous le nom de « Seirim ».
Les théologiens du Moyen Age assimilèrent les satyres à des démons alors que saint Jérome s’était simplement contenté de les considérer comme des monstres nés de rapports bestiaux entre les hommes et les chèvres.
Au XVIIe siècle, François Hédelin dans son traité Des satyres brutes, monstres et démons (Paris 1627) considère que les satyre, démunis d’âme spirituelle et immortelle, ne sont ni des être raisonnables assimilables aux hommes, ni des singes, ni des hybrides, mais bel et bien des démons, qui jadis assistaient, sous le nom de bacchanales, aux sabbat du mont Parnasse.
Compagnons des dieux dans la mythologie grecque, ils ne jouent que très rarement un rôle particulier dans les légendes.

Pan, le dieu cornu des forêts

Pan est le dieu des bergers et des troupeaux mais aussi, disait-on, le chef des satyres. Il est originaire d’Arcadie, bien que son culte soit répandu à travers toute la Grèce et se soit même généralisé en dehors du monde hellénique. On le dit doué d’une agilité et d’une rapidité prodigieuse, il grimpe aussi dans les rocher avec grande aisance et sait également se dissimuler dans les buissons, où il se tapit pour guetter les nymphes ou pour dormir.
C’est Pan qui (accompagné d’Hermès) aida le grand Zeus à triompher du monstre Typhon.
Zeus était en mauvaise posture à ce moment-là car on lui avait coupé les tendons des bras et des jambes, il était devenu très vulnérable face à la bête qu’il devait affronter.
Mais le dieu des berger et son acolyte du moment réussirent à dérober, à l’insu de Typhon, les fameux tendons et à les remettre en place dans le corps du dieu de la foudre.
Le roi des dieux olympiens pu ainsi abattre l’affreuse créature en lui balançant le mont Etna sur la tête…
Les attributs habituels de Pan sont une syrinx, un bâton de berger, une couronne de pin, ou un rameau de pin à la main.
Pan est aussi une divinité doué d’une activité sexuelle considérable. Son activité favorite est de poursuivre sans relâche les nymphes, les bergères, les filles vierges égarées au voisinage des forêts et les jeunes garçons éphèbes de ses assiduités avec une égale passion.
Philippe Borgeaud, qui a développé en 1979 un traité intitulé « Recherches sur le dieu Pan » , décrit le tempérament violent et insatiable de ce dieu mi-bouc mi-homme : «La sexualité, avec Pan, se trouve réduite à l’expédient et à la transgression. Elle est, par définition, extra-conjugale ou bien sauvage. Deux succédanés pastoraux apparaissent l’un et l’autre pratiqués, et même instaurés par Pan : l’onanisme et la bestialité ».
Il existe des légendes sur les nombreuses passions amoureuses du dieu des forêts, notamment une sur une nymphe qui se nommait Syrinx. C’était une Hamadryade arcadienne qui fut aimée et poursuivit par Pan. Mais au moment où il allait enfin l’attraper, elle se transforma en roseau, sur les bords du fleuve Ladon. Comme le vent, de son souffle, faisait gémir les roseaux, Pan eut l’idée d’unir avec de la cire des roseaux de longueur inégale. Il fabriqua ainsi un instrument de musique, auquel il donna le nom de Syrinx, en souvenir de la nymphe. On racontait aussi que près d’Ephèse se trouvait une grotte dans laquelle Pan avait déposé la première syrinx. Cette grotte servait à mettre à l’épreuve les jeunes filles qui prétendaient être vierges. On les y enfermait, et, si elles étaient réellement pures, on entendait sortir de la grotte les sons mélodieux d’une syrinx. La jeune fille réapparaissait alors, couronnée de pin. Mais dans le cas contraire, on entendait des cris funèbres à l’intérieur et la malheureuse disparaissait à jamais dans la grotte du satyre… Il n’y a pas de précision sur ce qui se passait ensuite à l’intérieur de ladite grotte mais il n’est vraiment pas difficile d’imaginer quel sort Pan réservait à ces filles !…
Une autre légende sur les frasques du démon cornu fait mention d’une nymphes des bois et des sources prénommée Echo. Elle était aimée de Pan mais cette affection n’était pas réciproque ; elle se consumait en revanche pour un autre satyre, puis pour le beau Narcisse. Pour se venger de cette briseuse de cœur, Pan la fit déchirer par des bergers. A sa mort, Echo disparaît et devient une voix qui répète les dernières syllabes des mots que l’on prononce.
Parmi les autres nombreuses conquêtes de Pan, il y a une déesse nommée Sélénè, à qui il aurait donné, en présent, un troupeau de bœufs blancs. Il y eut aussi Pitys, une nymphe qui fut, dit-t-on, transformée en Pin après qu’elle ait tenter de fuir l’étreinte fougueuse de son soupirant cornu !
Parfois, il a la réputation de chercher par lui-même sa satisfaction lorsque sa quête amoureuse reste infructueuse. D’ailleurs, d’après le rhéteur Dion Chrysostome, ce serait lui qui aurait inventé la masturbation et qui aurait initié les bergers à cette pratique afin qu‘ils puissent tromper leurs incessants besoins des femmes.
Considéré à la fin du monde antique comme le Grand Tout, la Vie Universelle, il fut rapidement assimilé à un démon, puis au Prince des incubes ayant Lilith pour parèdre. Enfin, le président d’Espagnet dans un Poème composé en l’honneur de De Lancre, son confrère en démonologie, n’hésita pas, en 1622, à le comparer à Satan en Personne.
Pour les psychanalystes, Pan représente la Libido. Il est "le symbole de l’élan vital, de toutes les forces de la nature débordantes de la vie en face de laquelle l’homme-enfant se sent écrasé, bien qu’il ait cherché par la magie et la science à dompter ces énergies qui représentent si bien ses instincts refoulés ".
Pour certains, il représente aussi la combinaison parfaite de entre l’instinct animal hérité de la nature et l’intelligence mystique (voir divine) de l’homme, d’autres diraient qu’il personnifie la partie bestiale et sauvage de la sexualité masculine. Pan peut, à lui-seul, symboliser beaucoup de choses, qu‘elles soient positives ou pas.
Finalement, il peut être perçu (en tout cas à mes yeux) tout simplement comme la créature la plus seule et la plus tragique de cet époque. En effet, on peut également comparer Pan à un être désespéré qui court en vain après l’amour sans jamais l’atteindre et qui se réfugie à corps et à cœur perdus dans les plaisirs charnels et sexuels pour échapper à lui-même et à sa grande solitude. Cachant sa fragilité et sa souffrance sous son aspect et son attitude semi-bestiale, il se condamne du même coup à demeurer seul jusqu’à la fin de son existence… Mais cette hypothèse (qui vient grossir le rang des autres théories sur Pan) n’engage évidemment que ma personne …
Les origines de Pan sont variées et nombreuses :
On le met en rapport avec le cycle odysséen. On prétendait, en effet, parfois, que Pénélope n’était pas restée fidèle à son mari pendant la longue absence d’Ulysse, mais qu’elle avait eu des amants. C’est Antinoos, le plus célèbre des prétendants, qui avait obtenu ses faveurs, et, a son retour, Ulysse aurait renvoyé sa femme auprès d’Icarios ; de là, elle alla à Mantinée, où elle s’unit à Hermès, qui lui donna Pan. D’autres légendes et traditions voudraient que tous les prétendants de Pénélope, tour à tour, aient été ses amants, et que le fruit de ces unions multiples ait été le dieu Pan. Pan serait né pendant l’absence d’Ulysse ; lorsque celui-ci revint, désolé de trouver sa femme infidèle, il serait reparti pour de nouvelles aventures…
Pan passait aussi pour être un fils de Zeus et d’Hybris, ou encore de Zeus et de Callisto. Dans cette version, il était le frère jumeau d’Arcas, le héros éponyme de l’Arcadie. Parfois, on en fait le fils d’Aether et de la nymphe Oenoé ; de Cronos et de Rhéa, d’Ouranos et de Gé, ou tout simplement celui d’un berger nommé Crathis et d’une chèvre.

L’histoire du satyre Marsyas

La légende de Marsyas est placée en Phrygie.
Il est, dit-t’on, l’inventeur de la flûte à deux tuyaux (par opposition à la syrinx, ou flûte de Pan). A ce titre, il est quelques fois placé parmi les suivants de Cybèle, qui, eux aussi, jouaient de la flûte et du tambourin.
Marsyas a comme parent Hyagnis et Olympos (ou Oeagre). On racontait à Athènes que la flûte avait été en réalité inventée par la déesse Athèna, mais qu’en voyant dans un ruisseau à quel point ses joues étaient déformées quand elle en jouait, elle l’avait jetée loin d’elle. Une variante de la légende voudrait que la déesse eût fabriqué la première flûte avec des os de cerf, au cour d’un banquet chez les dieux. Mais Héra et Aphrodite, en la voyant souffler, avaient raillé l’aspect que cela donnait à son visage, si bien qu’Athèna s’était immédiatement rendue en Phrygie, pour se regarder dans une rivière. Là, elle s’était aperçue que les deux déesses avaient raison, et elle jeta la flûte au loin, menaçant des plus terribles châtiments quiconque la ramasserait. Or Marsyas la ramassa, et le châtiment lui fut infligé par Apollon.
Fier de sa découverte, et estimant que la musique de la flûte était la plus belle du monde, Marsyas défia Apollon, avec sa lyre, d’en produire une semblable. Apollon releva le défi à la condition que le vainqueur serait libre de faire subir au vaincu le traitement qu’il voudra.
Le premier essai fut un échec, mais Apollon mit alors son adversaire au défi de jouer de son instrument à l’envers, comme il le faisait avec sa lyre. Devant cette perfection de la lyre, Marsyas fut déclaré vaincu et Apollon, le suspendant à un pin (à un platane, dit Pline), l’écorcha. Mais après, il se serait repenti de sa colère et aurait brisé sa lyre. Il aurait aussi transformé Marsyas en un fleuve.

Priape, l’autre version possible du satyre

Priape est le grand dieu de la ville asiatique de Lampsaque, il passait le plus souvent pour le fils de Dionysos et d’Aphrodite. Il est représenté sous la forme d’un personnage ithyphallique, il est préposé à la garde des vignobles et des jardins, en particulier à celle des vergers. Son attribut essentiel avait la vertu de détourner le « mauvais oeil » et de rendre vains les maléfices des envieux qui cherchaient à nuire aux récoltes. Il est aussi le symbole de la fécondité.
Priape se trouva inclus dans le cortège de Dionysos du fait de sa ressemblance avec Silène et les Satyres. Comme Silène, Priape était souvent représenté en compagnie d’un âne.
A ce propos, dans une légende on y raconte que au cour d’une fête dionysiaque, Priape avait rencontré la nymphe Lotis et qu’il en était tombé fou amoureux. Pendant la nuit, il chercha à la surprendre, mais au moment où il allait parvenir à ses fins, l’âne de Silène se mit à braire, réveillant Lotis et toutes les Bacchantes. Priape, tout confus, dut renoncer à ses projets. C’est en souvenir de cette aventure qu’on le représentait en compagnie d’un âne.
Une autre variante de cette légende, qui se déroule à Rome cette fois, prétend qu’à la place de la nymphe Lotis se tenait plutôt la déesse Vesta. Ce serait au moment où Priape s’apprêtait à lui faire violence qu’un âne se mit à braire, éveillant la déesse, et la rendant consciente du « danger » qu’elle courait. Depuis lors, on sacrifiait un âne à Priape, mais, à la fête de Vesta, on couronnait les ânes de fleurs.
Selon certains mythographes, la difformité physique de Priape était due à des maléfices d’Héra. Lorsque Aphrodite était venue de chez les Éthiopiens, après sa naissance, elle avait surpris tous les dieux par sa beauté. Zeus en était devenu amoureux et l’avait d’ailleurs possédée. Aphrodite était sur le point d’avoir un enfant, mais Héra, craignant que cet enfant, s’il possédait la beauté de sa mère et la puissance de son père, ne devint un danger pour les Olympiens, jalouse en outre des amours de son mari, toucha le ventre d’Aphrodite et fit si bien que son enfant naquit difforme. Priape vint au monde avec un membre viril énorme, voir même démesuré! Aphrodite eut peur que son fils, et elle-même, ne devinssent la risée de tous les dieux, et elle l’abandonna dans les montagnes. Là, il fut découvert et recueillit par des bergers qui, plus tard, rendirent un culte à sa virilité.
Une autre tradition fit de Priape le fils d’Aphrodite et d’Adonis, sa difformité était toujours due à la malveillance d’Héra.
Dans l’interprétation évhémérisme de la légende de Priape, on disait que celui-ci était citoyen de la ville de Lampsaque, que sa difformité avait fait bannir de la ville et qui avait été recueilli par les dieux. Après quoi, on le préposa à la garde des jardins.
Selon Diodore, Priape était rattaché au mythe d’Osiris ; il serait la déification par Isis de la virilité d’Osiris. De plus, Diodore assimile Priape et Hermaphrodite.

Le satyre, de nos jours…

Il est bien évident que vous ne croiserez jamais un satyre sur votre route (à moins de consommer beaucoup de substances hallucinogènes…)! Néanmoins, il est possible de trouver diverses représentations de satyres, que ce soit dans les livres, dans les musées ou sous forme de sculpture. Là où vous auriez plus de chance d’en apercevoir, c’est sans doute au Musée de l’Érotisme.
Beaucoup de gens, lorsqu’on leur présente une illustration d’un satyre, les confondent souvent avec le Diable à cause des cornes et des pattes de bouc. Or, nous l’avons vu, l’historique des satyres est bien différente. Le fait de diaboliser ainsi les satyres traduit sans doute une peur inconsciente et collective de l’érotisme et de la sexualité.
Les satyres peuvent représenter beaucoup de chose : pour certains ils évoquent la transgression et le libertinage dans la sexualité face au conformiste castrateur d’une société moralisatrice et ultra-religieuse, pour d’autres ce sont les représentations directes de la Mère Nature et de sa puissance divine, d’autres encore y voient les personnifications du côté artistique et festif de l’être humain…
Quelque soit le symbole qu’on veut bien leur attribuer, les satyres font partie intégrante de notre héritage culturel et mythologique.



Vous pouvez retrouver cet article que j'avais écris voila déjà quelques temps dans le fanzine gothique et litteraire La Salamandre N°4 (paru aux éditions Eleusis en automne 2004). Je tiens à saluer et à remercier au passage le rédacteur en chef de ce fanzine Marc-louis Questin car il a publié à titre amical mon article sur les satyres dans sa revue...

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"L'enfer est tout entier dans ce mot : solitude."
- Victor HUGO -
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