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 Plane Dead

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Arkhenemy
Eminence noire
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Date d'inscription : 20/09/2005

MessageSujet: Plane Dead   Dim 20 Mai - 1:21



Un avion de ligne commercial, parti de Los Angeles pour rallier Paris, est en détresse. Pris dans un violent orage, l’équipage a le plus grand mal à garder l’appareil dans les airs. Et comme si cela ne suffisait pas, la présence dans la soute d’un chargement dangereux, classé secret défense, va contribuer à compliquer encore plus les choses…




Dur, dur, de renouveler le mythe des morts-vivants. En quelques années, le spectateur a eu droit à (presque) tout, la dernière mode en vogue étant le zombi cavaleur ou même civilisé, voire plaisantin. Evidemment, dans toute cette masse de produits de commande ayant pour thème les zombis et autres reliquats de fosses communes, on trouve bon nombre de bouses pour quelques perles. Alors, que peut bien nous proposer le cinéaste Scott Thomas, lui qui débarque avec un corbillard de retard pour nous présenter son Plane Dead (le film est en compétition au renommé Festival de Bruxelles).

Les cinéphiles amateurs de films bis italiens se rappellent probablement L'Avion de l'apocalypse, ce nanar d’Umberto Lenzi qui mettait en vedette une bande de morts-vivants échappés d’un avion posé sur le tarmac. Plane Dead, en fait, pourrait être presque considéré comme sa préquelle, puisque l’on assiste dans ce film à la phase de contamination goreuse de l’équipage et des passagers. Bien sûr, d’autres éléments référentiels se greffent sur cette trame générale, avec un récit qui lorgne également vers les films catastrophe des années 70 (Concord, 747 en péril) avec ce coté thriller déjà récupéré il y a quelques temps par le sympathique Des serpents dans l'avion.




Commençons par jeter un œil sur le récit. Le scénario est, il faut le dire, très con. On évolue en plein film bis des années 80. Des scientifiques louches et peu scrupuleux ont pu embarquer dans la soute de l’avion un container contenant le corps contaminé d’une de leur collègue. Tous les clichés du Retour des Morts-Vivants sont bien sûr présents, avec un réceptacle qui fuit et qui dégage une vapeur nous rappelant cette bonne vieille Tryoxin 5, le tout surveillé par un gardien en tenue anti-bactériologique (mais qui ne porte pas de gants !) et armé d’un fusil d’assaut (dans un avion, admettez qu’il faut oser !). On se demande vraiment comment ils ont pu obtenir le feu vert des autorités… tsss, pas étonnant qu’il y ait des buildings qui se font descendre…

Au dessus de cette bombe à retardement, assis dans les fauteuils de passagers (enfin, quand ils veulent bien daigner rester tranquilles) ou cintrés dans les seyants uniformes de l’équipage, se démène une véritable galerie d’archétypes de films de genre ; la nonne (clin d’œil à Y a-t-il un Pilote dans l’Avion ?), la vieille dame, les jeunes décérébrés, la pétasse blonde, la cochonne brune, le brave flic, la grosse brute, le criminel futur héros, des jolies hôtesses de l’air (Kristen Kerr, rahhh lovely !..) et un commandant de bord en semi-retraite. Ainsi, tant qu’à faire dans le style débile, on constate que le réalisateur persiste et signe, avec deux jeunes crétins qui jouent au foot US dans le couloir de la classe Eco, une star de golf qui astique en permanence son club (sous-entendus graveleux à l’appui) et un couple d’obsédés qui part aux toilettes toutes les cinq minutes pour y tirer un coup.




Bref, tout cela ne semble guère engageant, c’est vrai. Du moins pour les amateurs d’Ingmar Bergman et de Milos Forman. Mais le fantasticophile sait, lui, que dans ce genre de métrages, le script est rarement l’élément déterminant dans le processus de réussite. Le plaisir vient en général de l’atmosphère générale, de la conviction des acteurs et de la tenue de la réalisation. Et dans ces trois domaines, j’affirme que Plane Dead est assez réussi.

Le plus délicat dans ce type de films se déroulant dans un milieu aussi exigu, c’est considérer que l’action ne repose guère que sur deux ou trois angles de vue possibles. Dur, dur, lorsque l’on ambitionne, comme Scott Thomas, d’y consacrer 90 minutes à une invasion de zombis. Pour résoudre ce problème, le cinéaste a décidé de carrément l’ignorer, et de travailler sur le coté absurde de la chose. Ainsi, au bout d’une heure de métrage, les créatures ont toujours un quidam qui peut leur passer sous les crocs, même si l’on pourrait légitiment se demander d’où est-ce qu’il peut bien sortir. Le plus incroyable est que, même si le spectateur n’est pas dupe, cela marche et si l’on en vient à en sourire, on ne s’en offusque guère. L’avion parait par moment aussi vaste qu’un hall de gare, mais qu’importe, du moment que c’est fun. Comme quoi, le culot, parfois…




Au niveau de la réalisation à proprement parler, Scott Thomas a choisi d’assumer sa modernité, mais sans en abuser. Rendus DV, caméra épaule, effets photographiques et rythmiques (saccade avec variation du débit d’images par seconde) sont ainsi présents. Le résultat se rapproche alors d’un mélange - pas nase du tout - du Couvent (ridicule par ses excès de style) et de 28 Jours plus Tard (prétentieux par ses mêmes excès). Il n’oublie pas, bien sûr, de s’appuyer sur le style des classiques de Romero avec de nombreux plans démonstratifs, en cadre moyen, sur les très fréquentes exactions zombiesques. Au final, cela donne une œuvre personnelle mais bourrée d’hommages affirmés. Et ça, c’est plutôt cool…




Comme Danny Boyle et consorts, Scott Thomas a opté pour des zombis plutôt vifs. Mais s’agit-il vraiment de zombis ? Personnellement, j’ai l’impression que le réalisateur et l’équipe technique se sont inspirés des Démons de Lamberto Bava (trilogie assez médiocre mais plutôt marrante) avec ces créatures qui éructent, les yeux jaunes et la bave aux lèvres, qui bondissent comme des fauves et qui rampent comme des reptiles. Le résultat est assez impressionnant, donnant un bon climax, bien tendu. A ce sujet, signalons des maquillages très réussis avec notamment un homme-tronc au faciès monstrueux qui aurait largement sa place dans un Resident Evil ou un Silent Hill. Bref, encore un bon point de ce coté là. Seul petit bémol, une qualité de synthèse plutôt faiblarde vers la fin du métrage, lors de ces peu convaincantes séquences qui mettent en scène le crash de l’avion.

Quand à la distribution, c’est un véritable défilé de gueules et de seconds couteaux spécialisés dans le film de genre. Tous, Erick Avari en tête, assument leur rôle à fond en débitant avec aplomb leur dose de dialogues idiots et en cabotinant parfois à l’extrême dans des séquences excessivement potaches et grand-guignol. Finalement, loin de rendre l’ensemble ridicule, tout cela contribue à renforcer le coté absurde de la situation. On est loin de l’Actors Studio mais on reste dans le ton… Celui de la rigolade sanglante… Et je dois vous dire que j’adhère pas mal…

source: sci-fi universe

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La « liberté d'expression » m'intéresse assez peu s'il s'agit de la liberté des vaches de regarder passer les trains en ruminant, juste avant l'abattage..
Maurice G. Dantec
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